La nuit de la comète

La nuit de la comèteL’histoire est vieille comme Molière: une comète mystérieuse a fait son apparition dans l’espace et menace de percuter la terre… Les hommes de science pensent qu’il s’agit de la comète qui a provoqué, il y a 65 millions d’années, la disparition totale des dinosaures. Cette fois, c’est l’espèce humaine qui risque d’être anéantie. Le jour Jar-rive, rares sont les survivants. Deux adolescentes, Regina et Samantha, ont échappé aux radiations. Elles devront affronter les mille périls de ce monde peuplé de mutants anthropophages… Après bien d’autres films «post-apocalyptiques», celui-ci renouvelle le genre en choisissant de montrer les réactions de deux teenagers. Il y a du rythme et du suspense. «La nuit de la comète» constitue un divertissement bien tourné et plein d’imprévu.

Créature

CréatureSur Titan, la plus grande lune de Saturne, repose un cylindre de verre contenant les restes de créatures vieilles de près de deux siècles. Des astronautes découvrent l’objet et l’inspectent. Une substance sombre et assurément nuisible s’échappe du cylindre et s’immisce à l’intérieur de la combinaison d’un des astronautes. Il ne s’en aperçoit pas tout de suite, mais le spectateur, oui ! D’autant qu’il explose peu de temps après en un feu d’artifice genre pâtée pour chiens… Tandis que la viande hachée s’étale peu discrètement sur l’écran, apparaît une forme sombre et géante. C’est l’horreur. Peu de temps après, un astronaute givré arrive pour mourir à la station orbitale Concorde. Son dernier mot Titan. Sans cela, il n’y aurait pas de curieux, sains d’esprit et de corps, pour se lancer à l’assaut de Titan piégé par les créatures de cauchemar. Bon film d’horreur ni plus ni moins. Mais Klaus Kinski est vraiment un grand acteur.

Sans toit ni loi

Sans toit ni loiPortrait d’une errante et d’une solitaire. Agnès Varda a connu la vraie Mona, l’a écoutée se raconter et en a fait un film-en-quête aussi passionnant qu’émouvant. Devant les caméras d’Agnès Varda, Mona la vagabonde meurt de froid et d’épuisement, un matin d’hiver, dans un fossé, au bord d’une route. Ceux qui ont croisé son chemin parlent d’elle et de leur rencontre. Le film, presque entièrement constitué de flash-back, permet de reconstituer le puzzle. Varda a trouvé sa Mo na : Sandrine Bonnaire, qui est la lumière et la flamme de son film. Celle qui nous avait prouvé qu’elle était un tempérament dans «A nos amours» de Maurice Pialat (qui lui valut le César du Meilleur espoir féminin) prouve dans «Sans toit ni loi» (qui lui vaudra le César de la Meilleure actrice) qu’elle est une sacrée comédienne ! Des scènes comme celles de la rencontre avec la vieille dame, de la soûlerie dans la gare, de la fête terrifiante des Paillasses ou du monologue avant la mort, sont des grands moments de jeu dramatique. Le film a obtenu le Lion d’or du Festival de Venise en 1985. Du beau et grand cinéma d’auteur et d’acteurs !

Alamo Bay

Alamo BayCet Alamo (le port) n’a rien à voir avec l’autre (le fort), à part qu’ils sont tous les deux au Texas. Et puis le problème d’Alamo Bay est plus actuel : c’est la crise des années 80. Les autochtones, qui jusqu’ici vivaient des ressources de la pêche, sont de plus en plus inquiets. Le poisson se vend mal et, pour comble, ils ont maintenant de la concurrence : quelques dizaines de réfugiés vietnamiens, obligés de quitter leur pays après la guerre. Ces maudits Jaunes ont tous les défauts, et surtout celui d’être plus malins, plus ingénieux que nos lourds Texans. Ils travaillent tant et si bien que leurs affaires prospèrent. Et voilà un bon terrain pour la propagande du Ku Klux Klan, qui renaît encore une fois de ses cendres nauséabondes… Habilement, Louis Malle a concilié ici l’aspect documentaire et la dramatisation, à travers les démêlés de plusieurs personnages-clés : le pêcheur malchanceux (l’étonnant Ed Harris), le jeune Vietnamien qui ne comprend pas pourquoi on le rejette (Ho Nguyen) et la figure féminine qui tente l’impossible réconciliation (l’émouvante Amy Madigan). C’est juste, vrai, convaincant. Alamo Bay, de Louis Malle les problèmes économiques et racistes d’un petit port du Texas lors de la crise des années 80. Un film juste et convaincant.